" Ligne bleue des Vosges " et " Vaterland ". Pratiques corporelles, mouvements associatifs et perception de la frontière franco-allemande au temps de l’Alsace annexée (1871-1918).

Donnerstag, 4. Februar
15:30 bis 18:00 Uhr
Raum 210

La défaite militaire de la France face à l’Allemagne en 1870 débouche sur l’annexion de l’Alsace au Reich wilhelminien. Cette région, délimitée par le Rhin à l’est et la chaîne montagneuse des Vosges à l’ouest, devient une Terre d’Empire (Reichsland) administrée par des fonctionnaires - majoritairement prussiens - menant une politique active de germanisation. Parallèlement, la frontière franco-allemande, initialement positionnée sur le Rhin, est déplacée vers la ligne de crête des Vosges. Ce nouveau découpage territorial cristallise les antagonismes nationaux en même temps qu’il charge ces limites physiques de nouvelles symboliques. Cette situation se répercute inévitablement sur les activités qui se développent en Alsace, et, parmi elles, les pratiques sportives, touristiques et éducatives.

L’objectif de ce panel est d’analyser, en croisant plusieurs monographies associatives (sociétés de ski et de tourisme, sociétés sportives strasbourgeoises, mouvements de jeunesse), l’impact de l’annexion sur les perceptions de l’espace frontalier franco-allemand. Plus largement, il s’agit d’appréhender l’utilisation symbolique des pratiques corporelles dans le cadre d’une construction identitaire originale.

La diversité des exemples développés a pour but de montrer la complexité des regards posés sur l’espace frontière. A l’instar d’autres territoires européens (Trentin, Schleswig-Holstein, Pays Basque, Catalogne), le mouvement associatif alsacien intéresse à la fois ceux qui soutiennent le retour des " provinces perdues " dans le giron français mais aussi ceux qui revendiquent l’appartenance historique de la région à l’espace culturel germanique. En même temps, si certains acteurs associatifs ont effectivement des positions très tranchées (francophilie versus germanophilie), d’autres vont opter pour des revendications plus nuancées (autonomisme culturel ou politique par exemple). C’est d’autant plus vrai à partir des années 1890 avec l’arrivée, à la tête du mouvement associatif, d’une nouvelle génération d’Alsaciens formés dans les structures scolaires allemandes et n’ayant connu la France qu’à travers les récits de ses aînés. En cela, les conditions dans lesquelles les pratiquants construisent leur rapport au territoire régional et national, et donc envisagent la question de l’espace frontière, sont étroitement dépendantes des configurations historiques locales.

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