L’Humanitaire à travers les frontières

Samstag, 6. Februar
10:30 bis 13:00 Uhr
Raum 103

" Nous sommes des yeux et des oreilles capables de témoigner de la maladie et de la souffrance, de la torture ou de la déportation. Enfants d’un silence qui, quatre ans durant, a gelé une Europe sourde et aveugle au génocide des Juifs et des Tsiganes nous sommes prévenus. "

(B. KOUCHNER, Charité Business, Paris, Le Pré aux Clercs, 1986, p. 25).

" Sans image, pas d’indignation : le malheur ne frappe que les malheureux. La main des secours et des fraternités ne peut alors se tendre vers eux. L’ennemi essentiel des dictatures et des sous-développements reste la photographie et les sursauts qu’elle déclenche. "

(B. KOUCHNER, Le malheur des autres, Paris, Odile Jacob, 1991, p. 194).

Ces réflexions de l’une des figures de l’humanitaire contemporain rappellent les dures critiques dont fait l’objet le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour son attitude face au génocide juif. Le souvenir de son impuissance et de son silence face à la souffrance des victimes des déportations, des camps de concentration et d’extermination alimente le discours de nombreux acteurs, qui sont notamment à l’origine du renouvellement du mouvement humanitaire à partir des années 1960. Qualifié par Philippe Ryfman de " second siècle " de l’humanitaire , il est marqué par une remise en cause du cadre conventionnel du droit international humanitaire et par le recours aux médias. Dans ce contexte, l’acteur humanitaire sur le terrain est appelé à jouer un rôle primordial. Relais entre donateur et victime, il tend à incarner l’esprit militant des nouvelles organisations caritatives en renonçant à se taire pour réveiller une conscience citoyenne et mondiale.

Le panel proposé souhaite s’interroger sur le renouvellement du mouvement humanitaire après la Deuxième guerre mondiale et les nouvelles pratiques de l’action humanitaire qui se sont développées jusqu’aux années 1970. De l’intervention discrète et limitée par les règles conventionnelles du CICR de 1939 à 1945 au recours au témoignage, à la médiatisation et au dépassement des normes internationales, les contributions se centrent sur deux institutions emblématiques de cette période, le CICR et Médecins sans frontières (MSF). Par la mise en regard de ces deux institutions dans cette période perçue comme charnière, nous proposons de réfléchir sur la frontière comme un instrument conceptuel utile à l’analyse de la transformation de l’action humanitaire après 1945.

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