Responsabilité et légitimité politique : le Parti socialiste et la défense nationale

Pour la plupart des groupes ou partis de gauche, du moins avant la Seconde Guerre mondiale, l’attachement à l’antimilitarisme s’est révélé problématique dans la recherche de légitimité auprès des formations politiques dominantes. Dans cette présentation, on s’efforcera d’examiner comment le Parti socialiste suisse s’est positionné sur cette question, et comment il a tenté de répondre aux reproches que lui attirait son refus de se rallier à la défense armée nationale. En effet, dans le contexte des tensions fréquentes entre les Etats-nations européens de la première moitié du XXe siècle, comment contrer l’accusation, souvent proférée par ses adversaires, que s’opposer au maintien et au développement d’une armée nationale constitue une attitude irresponsable ? L’enjeu est de taille : si la droite bourgeoise est fortement attachée à la tradition militaire, l’antimilitarisme représente pour la gauche l’un des piliers de son idéologie. Or la responsabilité est évidemment l’une des clés de la légitimité politique, puisqu’on ne saurait confier les postes clé du gouvernement à un parti considéré comme irresponsable. A travers la question de l’antimilitarisme, nous chercherons donc ici à étudier comment le Parti socialiste suisse a tenté, dans la première moitié du XXe siècle, de conquérir le statut de formation politique responsable, et par là-même, les clés des hautes sphères du pouvoir helvétique.

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