Les frontières transnationales des politiques d’assistance

L’organisation de l’assistance publique exige de définir qui sont les pauvres à aider. Cette définition engage une discussion sur l’appartenance qui voit s’affronter deux idéaux types : celui de la stabilité et celui de la mobilité. La communauté est elle formée des personnes qui habitent sur un lieu ou de celles qui en ont l’origine ?

Notre hypothèse est que si les débats de la fin du XIXe siècle en Suisse sur cette question se situent essentiellement plan infranational, à cause des particularités du jus sanguinis helvétique, ils sont influencés par les réflexions faites ailleurs sur les conséquences de l’industrialisation, notamment par l’idée qu’il est nécessaire de stabiliser la main-d’œuvre. Nous le montrerons à l’aide d’une analyse des lois d’assistances suisses et étrangères de la fin du XIXe siècle, des conventions d’assistance publique conclues entre la Suisse et d’autres pays et des similitudes entre les débats internationaux et les débats parlementaires cantonaux.

Cette communication se base pour l’essentiel sur une recherche menée dans le cadre du PNR N° 51 (Intégration et exclusion) et sur l’ouvrage : Tabin, Jean-Pierre, Frauenfelder, Arnaud, Togni, Carola, & Keller, Véréna (2008). Temps d’assistance. Le gouvernement des pauvres en Suisse romande depuis la fin du XIXe siècle. Lausanne : Antipodes.

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