Retour en Allemagne et reconstruction passent par la Suisse ? Les militants de l’organisation Freies Deutschland et la frontière suisse (1945-46)

Dans le cadre de ma recherche sur les organisations Freies Deutschland en Suisse et en France dans la dernière partie de la Seconde Guerre mondiale, j’ai constaté que les membres de ces deux organisations entretiennent de liens et notamment dans les questions du retour au pays des militants. Les deux organisations sont fondées par des exilés allemands et militent pour une Allemagne libre, indépendante et démocratique, débarrassée du fascisme. Pour tenter de faire fructifier le travail des organisations en exil sur le sol allemand, les militants reçoivent la consigne du retour dans les premiers jours de la fin du conflit. Cette stratégie du " retour rapide " s’inscrit également dans celle du Parti communiste allemand (KPD), qui avait fortement encouragé la fondation des organisations Freies Deutschland dans lesquelles les militants communistes se sont substantiellement impliqués. Il s’agit de reconstruire les cellules du parti et d’agir dans les administrations qui se mettent en place tout de suite après la guerre.

Pour une partie des militants de Freies Deutschland et du KPD, le chemin du retour passe par la Suisse. Ce qui donne lieu à une série de négociations entre les membres des deux organisations exilés dans les deux pays. Des organisations suisses, comme la Centrale Sanitaire Suisse (CSS), se sont également impliquées dans le soutien des antifascistes allemands et de leurs activités en Allemagne.

Dans cette partie de ma thèse, la frontière joue un rôle fondamental tant au niveau des échanges entre les individus : Allemands exilés en France d’une part et en Suisse d’autre part et militants suisses ; qu’au niveau de ce qu’elle constitue un lieu de passage entre les trois pays.

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