La Suisse et ses frontières face au génocide nazi: refus actif, secours passif

La Suisse a agi face au génocide comme un " bystander ". Elle n’a, officiellement du moins, pris aucune mesure active d’assistance ou de protection et n’a pas pris position avant l’été 1944 pour condamner la déportation des Juifs. Elle a au contraire fermé sa frontière aux fugitifs. Loin d’être incompréhensible, cette attitude peut s’expliquer par la mentalité des élites, qui peut se décomposer en neutralité, adaptation, ignorance du politique, méconnaissance du génocide, xénophobie et antisémitisme. L’attitude officielle doit cependant être analysée de près dans ses phases successives, ce qui permet d’y découvrir des brèches importantes ; et c’est – de façon surprenante – le décideur principal de la politique d’asile, Rothmund, qui se montre le plus enclin à faire des exceptions. Enfin, la résistance juive a compris tout le parti qu’elle pourrait tirer de la Suisse et a exploité au maximum les possibilités de secours. Le bilan n’est, en définitive, ni satisfaisant ni insatisfaisant et la politique d’asile helvétique ne mérite ni une condamnation en bloc, ni un non-lieu.

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