La Suisse et la croisade contre le communisme durant la guerre froide : pour une histoire transnationale et comparée des réseaux

Fondamentalement, la guerre froide consiste en une lutte acharnée contre le communisme sur tous les plans et par tous les moyens. Cette lutte, portée par des constellations d’acteurs très divers, procède d’un emboîtement des niveaux local, national et international selon une mécanique très complexe. Même en l’absence d’une véritable internationale anticommuniste, les différents " réseaux " qui font figure de fers de lance de l’anticommunisme soulèvent le problème de leur " transnationalité ". Nombre d’organisations, tels le Congrès pour la liberté de la culture, Paix et Liberté, les réseaux Stay-Behind, etc., se déploient sur une échelle internationale – avec des ramifications également en Suisse. Par ailleurs, dans plusieurs pays se développent des groupements à caractère anticommuniste qui présentent de troublantes ressemblances (officines de Georges Albertini en France et de Marc-Edmond Chantre en Suisse par exemple). Ces parallèles nous incitent à nous interroger d’une part sur les analogies et les différences respectives (perspective comparatiste classique), d’autre part sur la dimension transnationale du front anticommuniste occidental. Plus novatrice, cette seconde perspective renvoie à la notion d’" imbrication " et se manifeste à travers liens, échanges, solidarités, transferts ou carrément actions communes. En se situant sur un plan méthodologique davantage que factuel, et en prenant pour objet la nébuleuse anticommuniste helvétique, notre contribution cherchera à mettre à l’épreuve la notion si discutée actuellement de " transnational ".

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