Changer de ville, changer de métier. Hommes et femmes dans le marché du travail romain (XVIIe siècle)

Les sociétés d’ancien régime sont caractérisées par une mobilité géographique très importante ; l’expérience de la mobilité concerne un grand nombre d’individus, qui se déplacent souvent à la recherche d’un travail, en dépassant ainsi les frontières entre villes et états différents.

Ma contribution porte sur l’insertion des hommes et des femmes dans le marché du travail de la Rome du XVIIe siècle. La ville, au cours de tout l’âge moderne, est tellement intéressée par les mouvements migratoires que son sexe ratio en est perturbé, la présence d’hommes étant beaucoup plus forte que celle des femmes. À travers des sources telles que les procès et les "processetti matrimoniali", je souhaite proposer une description du marché du travail fortement caractérisée par la mobilité des individus.

Les sources montrent que, pour une grande partie des étrangers à Rome, cette ville n’est pas la destination finale, mais plutôt elle fait partie d’un parcours de mobilité comprenant d’autres villes et villages. Souvent, à chaque étape correspond un changement de métier, selon l’offre locale, et selon les ressources dont on dispose pour trouver un emploi, le but étant celui de gagner sa vie. La recherche des moyens de subsistance ne se limite pas à la ville d’origine, mais comprend d’autres localités, parfois assez distantes. Pour cette raison, la présence des étrangers dans une ville est dans certains cas liée à des exigences temporaires, et à un travail qui sera abandonné lorsqu’on arrive dans la ville suivante (ou même pendant le séjour à Rome). Les migrants qui arrivent à Rome n’ont pas toujours le but de s’y installer. La diffusion de la pratique de la mobilité, à la fois géographique et professionnelle, nous pousse à mettre en discussion des concepts traditionnellement associés aux migrations, tels que la volonté de s’insérer de façon permanente au sein de la ville, à travers l’obtention du droit de citoyenneté ou le mariage avec des natifs. Souvent, à Rome les travailleurs étrangers montre d’utiliser les ressources de la ville sans pour autant la considérer l’étape finale de leur parcours de mobilité géographique et professionnelle.

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