Frontières et délimitation du territoire dans la pratique diplomatique et administrative des Etats de Savoie au XVe siècle

Au cours du premier tiers du XVe siècle, des salaires fixes, comptabilisés en journée de voyage par homme à cheval, sont mis en place : 4 deniers gros pour les déplacements effectués dans les limites des Etats savoyards et 6 deniers gros hors des frontières. Cette distinction découle d’une vision idéale des Etats du seigneur, comme étant un lieu unitaire où l’officier bénéficie d’une structure de soutien lors de ses déplacements, par exemple en la personne des châtelains.

L’étude des gages journaliers accordés aux officiers savoyards permet de mettre en évidence une vision très marquée de la conception des Etats de Savoie. Il en ressort que certaines régions, qui font pourtant partie de la Savoie, ne sont pas considérées au même titre que le reste du territoire savoyard. L’apanage piémontais des Achaïe est un exemple de ces distinctions tarifaires.

La tarification journalière observée par la comptabilité savoyarde met aussi en exergue les visées domaniales, ou tout au moins, l’assimilation mentale des régions ou villes que les Savoie considèrent pratiquement comme leurs. Dans cette optique, les cas de Genève et de Fribourg sont particulièrement intéressants.

Certaines locutions utilisées pour définir les lieux à parcourir en mission " ultra montes " ou " citra montes " devront également être comprises afin de définir si le passage de la montagne est vue comme une frontière.

ReferentIn(en)