Histoire et géographie : le couple français et ses vicissitudes

Cette présentation vise à examiner l’évolution des rapports entre la géographie et l’histoire du point de vue de la première et dans le contexte académique et scientifique français.

Les modalités de l’institutionnalisation de la géographie à la fin du XIXe siècle ont scellé son sort à celui de l’histoire. Outre une bonne culture géographique des historiens, il en résulte le développement de la géographie historique (géographie du passé) et de la géohistoire (étude spatialisée des processus historiques), et, plus généralement, une prise en compte assez sytématique de la dimension historique par les géographes de la tradition vidalienne. Toutefois, l’essor de la géographie néo-positiviste dans les années 1970 a conduit à privilégier les modèles sur les récits et a éloigné des sciences humaines les tenants de cette école. Ce sont surtout les géographes sensibles à la singularité de leur objet d’étude qui sont restés attachés à l’histoire.

Le constructivisme de la nouvelle géographie culturelle des années 1990 l’a en revanche conduite à dénaturaliser et historiciser ses objets. Aujourd’hui, le mariage de l’histoire à la géographie pose toutefois à celle-ci des problèmes : il rend difficile l’affirmation de la géographie comme science sociale, et la tient à distance de la sociologie et de l’anthropologie. Par ailleurs, la dimension encore très eurocentrée de l’histoire n’est-elle pas un frein au développement d’une géographie postcoloniale ?

L’attribution du temps à l’histoire et de l’espace à la géographie, pour claire qu’elle paraisse, conduit certainement à des impasses épistémologiques.

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