La mobilité touristique transfrontalière dans l’Arc lémanique à la Belle Epoque : entre concurrence et complémentarité

Au cours de la seconde moitié du 19ème siècle, les technologies de transport stimulent la mobilité touristique dans l’arc lémanique. Dans cette région partagée entre la Suisse et la France, de nombreuses infrastructures de transport au service de l’" industrie des étrangers " suivent des logiques transfrontalières. Pour s’assurer la venue dans leur station des flux de touristes empruntant les circuits internationaux sur le chemin de l’Italie ou du Mont-Blanc, les milieux touristiques et les élites régionales établissent des jonctions transfrontalières favorables à leurs intérêts. Ces liaisons avec les réseaux ferroviaires internationaux (à Genève, dans le Chablais ou via le chemin de fer Martigny-Châtelard), s’inscrivent néanmoins dans une concurrence soutenue entre les pôles touristiques lémaniques pour capter les flux de voyageurs. En revanche, d’autres infrastructures de transport sont développées conjointement par les milieux touristiques suisses et français. La Société du chemin de fer du Salève, créée en 1890 à Genève, propose ainsi à la clientèle touristique de Genève de profiter de la première crémaillère électrique d’Europe qui gravit le Mont Salève sur sol français. Comment les intérêts des milieux touristiques genevois et français se sont-ils conciliés ? Leur collaboration transfrontalière a-t-elle rencontré des entraves ? La compétition entre les stations lémaniques est en même temps source de transfert technologique. Le système de transport de la Riviera lémanique (Vevey-Montreux) sert en effet de modèle dont s’inspirent les stations de la rive française (funiculaires de Rives-Thonon et d’Evian). Enfin, l’établissement de cette mobilité touristique exige la mobilisation d’un savoir-faire et de capitaux, locaux ou étrangers. Comment la construction et le financement de ces infrastructures sont-il assurés ? Dans quelle mesure la provenance des capitaux a-t-elle un impact sur leur réalisation ?

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