La création du " frontalier " . Fin XIX - 1939

Jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale, le travail frontalier reste peu étudié. L’explication réside certainement moins dans l’insignifiance de cette réalité que dans le désintérêt pour une population qui a laissé peu de traces et qui s’est jouée de frontières poreuses et de communications défaillantes entre les administrations, notamment fiscales, des pays frontaliers.

La présente contribution se donnera pour but d’étudier à partir des sources suisses et françaises l’occurrence de cette question entre 1880 et la fin des années 1930. A la frontière entre les deux pays, les questions évoluent en effet en même temps que l’on passe de la signature de conventions frontalières au XIXe siècle où les questions de travail sont au mieux secondaires, le plus souvent inexistantes à des débats spécifiques dans les années 1930 sur " les frontaliers " et la manière de les distinguer efficacement d’autres flux de population.

Il s’agira donc non pas tant de décrire en soi les travailleurs frontaliers ni encore l’incidence de ces flux sur les économies frontalières mais bien, dans un premier temps, de montrer la genèse de l’émergence puis l’évolution de ce questionnement dans les discours politiques et les pratiques institutionnelles locales et nationales. Cette étude nous permettra de nous interroger non seulement sur les enjeux, les moyens, les résultats et les échecs de la reconnaissance d’une nouvelle catégorie de population mais aussi sur le rôle des acteurs locaux et nationaux, politiques, administratifs comme économiques dans ce processus.

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